Caroline François-Rubino  
 
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Un univers enclos dans un cercle parfait, le hublot faisait office de fenêtre d’où je voyais la mer et la terre. Ces perceptions sises comme dans un tondo sont restées ancrées dans ma mémoire. Afin de les transposer sur le papier, j’ai dû réapprendre à tracer un cercle dans un rectangle. Oui, tout simplement, trouver le geste et son ampleur, vaincre cette appréhension d’esquisser une mappemonde à main levée, d’être un démiurge sans scrupules. Tant pis si le cercle n’est pas toujours parfait, s’il se cherche, s’il est interrompu ou trop marqué. C’est déjà un très bon exercice qui libère la main, envie de le répéter à l’infini, devenant rassurant car il entoure ce que l’on ne connaît pas encore, ce qui va naître à l’intérieur de cette sorte de cocon.

Terre, eau, terre, eau - dans une surface circulaire - ce sont de nouveaux mondes qui apparaissent, lointains parfois, ou si près que l’on croit pouvoir y accoster : voir par un hublot, c’est un peu magique ! Vision kaléidoscopique, impressions fugaces, ombres mouvantes du pourtour, points lumineux, je vois encore bien loin par le hublot, là-bas…

 
Caroline François-Rubino